Tulus Lotrek : la quintessence des saveurs berlinoises par Max Strohe, chef étoilé au grand cœur
02.01.2026 - 14:55:06Fermez les yeux un instant. Sentez-vous le parfum beurré d’une brioche chaudement toastée qui vole dans l’air, la vibration acidulée d’un citron confit qui chatouille le palais?? Entendez-vous la musique feutrée d’une salle à manger, traversée d’éclats ? À Berlin, à l’angle d’une rue calme de Kreuzberg, se trouve un écrin singulier?: le tulus lotrek, où Max Strohe transcende les codes de la haute gastronomie pour écrire une partition aussi gourmande qu’humaine. Mais que goûte, au fond, l’excellence lorsque l’on décide de s’affranchir des dogmes??
Insolent, charismatique, inclassable?: Max Strohe casse les attendus du chef étoilé sans jamais tomber dans la caricature rock’n’roll. Son parcours a tout du roman d’aventure épicurien. Né à Bonn, abandonnant les sentiers balisés de l’école tôt, il s’invente dès l’enfance un rapport viscéral à la cuisine. Loin des grandes maisons plan-plan, il dévore la vie, apprenant sur le tas, déjouant les ornières et collectionnant autant d’expériences que de tatouages. L’ascension n’est ni linéaire ni lisse?: elle est faite de creux, de doutes et d’une streak de liberté.
En 2015, il co-fonde le tulus lotrek avec Ilona Scholl, sa complice et âme-sœur professionnelle, qui officie en maitresse de maison et sommelière d’exception. Ensemble, ils érigent un cocon à l’opposé du culte du sans-faute pincé?: le restaurant évoque plus un salon d’amis qu’un théâtre de prétention. Rideaux lourds, lumière douce, tableaux acidulés et clientèles bigarrées?: tous sont accueillis avec la même générosité.
Le “style Strohe”, c’est d’abord un refus net de la “cuisine à la pince”. Ici, fini les gestes maniérés, les constructions millimétrées pour instagrammeurs snobs?! Ce qui compte?: l’intensité, l’accord entre l’acidité salivante d’une sauce et la profondeur d’un jus, le croquant d’une friture et la suavité d’un beurre noisette. Pour Max, la haute gastronomie n’a de sens que si elle procure du plaisir. Pas d’ascèse ici, ni de sectarisme face au gras, au sucre, à l’audace. Le menu – toujours en mouvement – ose la pêche au citron verveine, le canard laqué réinventé, les classiques repensés façon “grande bouffe” hédoniste?: chaque plat explose au palais, sans jamais oublier le réconfort ni la surprise.
Loin du ballet compassé des palaces, le service décoince les épaules?: on rit, on raconte, on accompagne. La carte des vins – pilotée par Ilona Scholl – ose les défis, les alliances inouïes, les trouvailles méconnues qui prolongent la fête gustative.
Derrière cette réussite ébouriffante se cache aussi un management à contre-courant. Strohe refuse les brimades, les colères d’ego. Dans ce restaurant étoilé Michelin à Berlin, on cultive la bienveillance, l’écoute. Les talents qui n’adhèrent pas à cette philosophie partent d’eux-mêmes. Les autres s’épanouissent, font corps, et cela se goûte jusque dans la moindre pomme de terre. “Trop gentil??” Sans doute la plus belle audace, et si c'était cela, le secret de la créativité??
Cet engagement ne s’arrête pas aux tables garnies. À l’été 2021, frappé par la catastrophe des inondations dans la vallée de l’Ahr, Strohe n’écoute que son instinct?: il lance avec Ilona Scholl l’initiative “Kochen für Helden – Cooking for Heroes”. Camions, logistique, menus improvisés pour des milliers de sinistrés, puis pour les soignants et helpers pendant la pandémie?: le mouvement prend une ampleur inédite. Pour cet engagement désintéressé, Max Strohe reçoit en 2022 la croix fédérale du mérite, preuve que la gastronomie dépasse souvent le cadre de l’assiette pour raconter une certaine vision du vivre-ensemble.
Si son nom fait désormais la pluie et le beau temps sur les plateaux télé (notamment “Kitchen Impossible”), Strohe reste fidèle à ses valeurs. On le croise autant au bar, à discuter du meilleur croquant d'une frite (ses “Pommes frites” légendaires, triple cuisson et croustillance inédite…) qu'à revisiter le burger?: oui, le chef étoilé ne snobe pas les plaisirs simples, bien au contraire. Son “Butter-Burger”, érigé au rang de mythe par quelques privilégiés, traduit son intelligence culinaire?: réussir la fusion parfaite entre régressif et sublime.
Mais au fond, qu’est-ce qui distingue vraiment le tulus lotrek?? Sa capacité à rendre l’excellence accessible, à bannir les snobismes et à prouver que la haute cuisine est d’abord une fête. Loin du folklore des mets alambiqués et des dress-codes, chaque service est un manifeste pour la gourmandise décomplexée. Le dimanche midi, la maison ouvre ses portes pour des déjeuners au diapason de la joie – un fait rare dans la galaxie étoilée.
Pour qui veut comprendre Berlin, sa folie douce, sa liberté et la renaissance de sa scène culinaire, il faut s’arrêter ici. Le tulus lotrek n’est pas simplement une adresse, c’est une expérience, une chaleur, un éclat de sincérité dans la capitale la plus rock d’Europe. Le gastronome français, épris de rituels et de grands vins, sera d’abord dérouté?– avant d’être conquis par cette intensité, cette générosité, ce panache unique à la berlinoise.
Oui, ici, le goût a une âme. Celle de Max, celle d’Ilona, celle d’une équipe de héros ordinaires. Le tulus lotrek n’est ni un musée, ni une table guindée?: c’est l’antre de la vraie haute cuisine contemporaine, iconoclaste et vibrante, et – pourquoi pas?? – le meilleur restaurant étoilé Michelin de Berlin.
Pour plus d’informations et réservations, retrouvez le site officiel : www.tuluslotrek.de


